Congrès administratif extraordinaire 4 octobre 2005
Vous trouverez ci-après quelques extraits du discours prononcé par Elio Di Rupo lors du congrès extraordinaire qui s'est tenu à Bruxelles le 04 octobre 2005 et qui a approuvé la modification des statuts du PS.
(Le texte intégral peut être téléchargé en bas de page)
Chers Amis,
Nous sortons d'un mois de septembre particulièrement difficile à vivre.
Notre Parti a été la cible de toutes les attaques, au départ d'une affaire profondément choquante pour la population et en particulier pour les socialistes.
Les faits révélés à l'occasion de l'affaire dite « de la Carolorégienne » sont inacceptables.
Inacceptables pour nous socialistes, qui sommes les premiers défenseurs des plus défavorisés.
Inacceptables pour nos concitoyens, dont les contributions ne doivent pas servir à financer des frais de représentation disproportionnés de la part de mandataires publics.
Il y a aujourd'hui une urgence démocratique à agir pour mettre fin à de tels comportements.
Ces dernières années, de nombreuses mesures ont été prises pour assainir la vie publique : financement des partis, déclaration de patrimoine, limite du cumul des mandats, ... des avancées importantes ont eu lieu.
Force est toutefois de constater que ces règles ne sont pas suffisantes.
Il est indispensable d'aller plus loin.
C'est en ce sens que Philippe Courard a rédigé avec les parlementaires de la majorité des amendements à son projet de modification du Code la démocratie locale.
Il s'agira notamment de faire appliquer de manière stricte la limitation des indemnités, des traitements, des jetons de présence et des dépenses de toute nature de tout membre du PS qui assume un mandat dans un organisme public, parapublic ou dans lequel les pouvoirs publics exercent une influence déterminante.
Il s'agira aussi de définir de manière claire et transparente, mandat par mandat, fonction par fonction, les rémunérations, indemnités, jetons de présence, frais et dépenses en nature qui peuvent être octroyés en raison de l'exercice d'un mandat ou d'une fonction publique.
J'attends de chaque parti au Parlement wallon qu'il permette l'adoption rapide de ces nouvelles règles drastiques. Elles devraient permettre d'éviter à l'avenir les comportements qui choquent aujourd'hui.
Des règles similaires seront par ailleurs proposées par le PS au Parlement bruxellois.
La rénovation du PS
Nous devons également intensifier la poursuite de la rénovation du PS.
Personne ne peut contester que cette rénovation est réelle. En quelques années, nous avons fait évoluer nos pratiques, nos comportements et notre ligne politique.
Le PS est le parti qui a le plus renouvelé ses cadres en donnant des responsabilités importantes notamment à des progressistes venus d'horizons divers.
Ceux-ci ont rejoint les dizaines de milliers de militants intègres, probes et honnêtes, fidèles aux valeurs du PS, parfois depuis plusieurs décennies.
Il est toutefois clair que, parmi les centaines de personnes qui exercent des responsabilités au nom du PS, toutes n'ont pas la même éthique.
Par leurs comportements incompatibles avec nos valeurs, certains entachent les efforts de tous les autres.
C'est vrai au sein de la fédération de Charleroi comme ailleurs. Nous ne pouvons l'accepter.
Les militants, les collaborateurs, les mandataires, les parlementaires, les ministres du PS qui oeuvrent sans compter pour concrétiser notre idéal commun méritent mieux que cela, à Charleroi comme ailleurs.
Plus que jamais, il faut que chaque échelon, chaque recoin du parti, se remette en question.
Nos comportements doivent être en tous points conformes à nos valeurs.
Aucune dérive n'est justifiable.
J'en ai assez que le comportement de quelques-uns jette le discrédit sur notre action.
J'en ai assez que le comportement de quelques-uns entache l'action et l'engagement de dizaines de milliers de militants sincères, intègres, animés par la volonté d'améliorer la vie des gens.
Le pouvoir ne nous appartient pas.
Nous ne pouvons pas en faire ce que nous voulons.
Le pouvoir nous est prêté dans un but précis.
Gouverner, améliorer la qualité de vie des gens, soulager les souffrances.
Et pour nous socialistes, concrétiser dans le quotidien nos valeurs d'égalité, de liberté , de solidarité.
Et nous devons le faire avec des méthodes qui sont elles-mêmes conformes à ces valeurs.
Tout acte que nous posons qui sort de cette ligne de conduite est critiquable.
Et ne vous posez pas les mauvaises questions.
Ne vous demandez pas si les pratiques qui sont aujourd'hui dénoncées existent aussi dans d'autres partis.
C'est possible mais ça ne justifie rien et, surtout, nous devons faire mieux que les autres parce que nous sommes socialistes.
Ne vous demandez pas si ces pratiques sont conformes aux pratiques de certaines entreprises privées.
Ca ne justifie rien.
Dans nos pouvoirs publics, Nous gérons l'argent des gens et nous devons faire mieux que les autres parce que nous sommes socialistes.
Nous devons non seulement respecter nos lois et nos statuts. C'est un minimum.
Mais au-delà, nous devons respecter nos valeurs dans tous les actes que nous posons.
La transparence doit être notre maître-mot.
Nous ne devons rien faire que nous puissions expliquer et assumer dans la transparence la plus totale.
Nous devons être humbles, modestes, ouverts.
Les dérives naissent de l'arrogance,
du sentiment d'être tout-puissant,
de l'impression de n'avoir de comptes à rendre à personne,
de la certitude de détenir tout seul la vérité et de n'avoir besoin de personne pour savoir ce qu'il faut faire.
Vous avez entendu comme moi ces quelques mandataires socialistes qui disent que l'ouverture, c'est inutile et qu'on est mieux entre nous.
Vous avez entendu comme moi ces quelques mandataires socialistes qui disent que la participation, la culture du débat, c'est une perte de temps parce que nous on sait bien ce qui est bon pour le peuple.
Même s'ils sont portés par peu de socialistes, ces discours-là, nous devons les combattre.
Ceux qui les tiennent n'ont rien compris à ce que signifie le socialisme contemporain.
Mes chers amis,
Je me fâche parce que je sais que notre Parti, le PS mérite mieux que cela.
Je me fâche parce que je sais l'énergie que vous dépensez chacun, là où vous êtes, pour faire avancer les choses.
Je me fâche parce que je sais que l'immense majorité des membres de notre Parti sont des gens intègres et droits.
Je me fâche parce que nos combats sont justes et parce que je suis convaincu que nos concitoyens ont besoin d'un PS fort.
Le PS doit aujourd'hui se donner les moyens de faire appliquer partout dans le Parti la ligne que nous avons adoptée.
C'est la raison pour laquelle le Bureau a décidé de convoquer ce Congrès extraordinaire.
Grâce à votre vote, le PS vient de redéfinir les incompatibilités
et plus fondamentalement il vient de décider de les faire appliquer drastiquement partout et par tous.
Indépendamment des instances de contrôle officielles, un comité d'audit interne sera institué.
Il sera chargé de contrôler le respect de la loi, des statuts du Parti et des règles déontologiques du PS par tout membre du PS qui assume un mandat dans un organisme public, parapublic ou dans lequel les pouvoirs publics exercent une influence déterminante.
Ce comité d'audit agira d'initiative. Il fera rapport au Président et aux Vice-Présidents du Parti réunis en Collège.
En cas de manquement, ce Collège pourra suspendre l'intéressé de son appartenance au PS ou l'inviter à se conformer à ses obligations dans un délai déterminé.
A moins que l'intéressé se soit mis en ordre, son dossier sera transmis à la Commission de vigilance du Parti qui prononcera l'exclusion ou une autre sanction appropriée.
Par ailleurs, vous venez de créer le poste de Délégué général à la rénovation.
Cette personne se consacrera à temps plein, avec son équipe, à la mise en ½uvre dans nos fédérations et nos sections locales des axes de rénovation que le PS a adoptés et mis en ½uvre au niveau national en matière d'ouverture, de participation, de transparence, etc...
(...)
La future présidence wallonne
Avec mes amis politiques, j'ai longuement réfléchi durant ce week-end à la question difficile de la succession de Jean-Claude.
Sa démission a créé une situation de crise, alors que les enjeux pour la Wallonie sont énormes.
Il s'agit de poursuivre avec la même détermination et sans aucun retard la mise en ½uvre du plan Marshall wallon.
Dans ce contexte, personne ne peut se dérober à ses responsabilités.
Je ne veux donc pas me soustraire à l'appel qui m'est lancé.
Dans cette situation exceptionnelle, je me dois de me mettre directement au service du redressement de la Wallonie, en acceptant de diriger le Gouvernement wallon.
Jeudi, je ne ferai pas de discours au Parlement.
Après la prestation de serment auprès de SM le ROI, je réunirai le Gouvernement et espère prendre des décisions importantes au moins sur un gros dossier de la législature celui de modification du Code la démocratie locale qui comprendra les nouvelles mesures pour plus de transparence , d'éthique et de contrôle.
Je mettrai toute ma détermination pour que la mobilisation soit la plus large possible autour du plan Marshall.
Je le ferai avec la volonté de permettre à la Région wallonne de retrouver la voie de la prospérité, de l'emploi et du bien-être pour tous nos concitoyens.
Ce travail, je compte le faire en synergie avec Bruxelles. Ensemble nous devons notamment veiller à la défense des intérêts des francophones.
Nous devons le faire en dialoguant avec la Flandreet en recherchant les meilleures voies pour que chacun tire profit du travail d'ensemble.
(...)
Mes chers Amis,
Que ceux, au MR ou chez Ecolo, qui donnent des leçons, la bouche en c½ur,
Et croient avoir trouvé le moyen de nous affaiblir ne se réjouissent pas trop vite.
Ils ne connaissent pas la générosité, l'idéal et la force de conviction des militants socialistes, de ceux qui se démènent sans compter pour améliorer le quotidien de chacun dans nos communes, dans nos cabinets, dans nos gouvernements, dans parlements.
Les coups durs que nous avons subis ne nous abattront pas. Ils vont nous rendre plus fort.
Ils sont l'occasion d'accélérer cette rénovation qui est aujourd'hui au milieu du gué.
Il n'existe pas de groupe humain aussi important que le nôtre qui fonctionne sans risque de dérapage.
Et il n'est pas exclu que nous ayons encore à subir dans les prochaine semaines des affaires de même nature que celle qui nous choque aujourd'hui.
Mais des moyens existent pour prévenir les risques de dérives et, avec votre appui, nous sommes bien décidés à les utiliser !
Ce Congrès extraordinaire devrait rester dans l'histoire de notre Parti comme un moment fort.
La Phase II de la rénovation du PS commence ce soir.
En même temps redoublons d'énergie
Tous là où nous sommes
Pour faire ce que nous faisons le mieux :
Nous battre pour améliorer la vie des gens
Nos concitoyens ont besoin d'un PS déterminé
Pour améliorer leur pouvoir d'achat,
Pour défendre les allocations familiales
Pour sauvegarder nos systèmes de soins de santé
Pour lier les pensions au coût de la vie
Pour donner à chacun les possibilités de s'épanouir.
Ce ne sont pas nos combats qui sont en cause.
Nos combats sont justes
Alors Camarades,
Avec toute notre force,
Toute notre détermination
Et tout notre idéal
Continuons le combat.